Chien d'Eau Espagnol

Adopter un chien: le guide pour trouver ton compagnon idéal

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Joëlle Hamelin B.Ing, MCP
Intervenante en comportement canin en Montérégie depuis 2007

Table des matières

Refuge ou éleveur, chiot ou adulte, mâle ou femelle, grand sportif ou pro de la sieste: adopter un chien vient avec son lot de décisions. Pour que cette aventure soit la plus merveilleuse qui soit, mieux vaut réfléchir avant de craquer devant la première bouille adorable (on sait, c’est difficile). Voici notre guide pour choisir le compagnon qui convient vraiment à ta réalité.

Adopter un chien de refuge: les avantages

Un chien provenant d’un refuge peut s’avérer un choix merveilleux. Certes, il pourrait représenter quelques défis, mais bon nombre de refuges et de SPA fournissent les renseignements nécessaires pour t’épauler vers le bon compagnon canin. Parmi les avantages d’adopter un chien de refuge:

  • Sauver deux vies: celle du chien que tu adoptes et celle de celui qui prendra sa place au refuge;
  • Accueillir un chien adulte ou adolescent (peut-être) déjà propre;
  • Connaître son caractère, déjà bien établi;
  • Éviter les surprises de taille et de poids s’il est adulte au moment de l’adoption;
  • Débourser beaucoup moins que pour un chiot de race;
  • Profiter de soins souvent inclus: vaccins, vermifuge et stérilisation.

La règle des 3-3-3: l'adaptation du chien de refuge

Une fois pitou à la maison, tu l’accompagneras à travers les phases de son adaptation. Voici à quoi t’attendre.

Les 3 premiers jours: il se sent dépassé par les événements. Il peut avoir peur, se cacher sous les meubles et même refuser de manger ou de boire.

Les 3 premières semaines: il s’habitue à toi et à son nouvel environnement. Sa vraie personnalité commence à émerger, avec les comportements qui viennent avec: il pourrait tirer en laisse ou faire quelques mauvais coups, car il ne connaît pas encore tes règles.

Les 3 premiers mois: il se sent finalement chez lui. Il apprend à te faire confiance, tisse un lien réel avec sa nouvelle famille et adopte sa nouvelle routine.

Adopter un chiot: avantages et défis

Si tu optes pour un chiot, tu auras à choisir la race et la provenance. Mais parlons d’abord de ce qui t’attend.

Les avantages de choisir un chiot:

  • L’éduquer dès le départ et lui enseigner tes préférences à la maison;
  • Le voir grandir (et remplir ton téléphone de photos);
  • Bâtir un lien de confiance fort dès son jeune âge, puisque tu seras sa référence sécuritaire.

Les défis d’avoir un chiot:

  • T’armer de patience pour l’apprentissage de la propreté, incluant la nuit;
  • Survivre aux mordillements (tes bras et tes bas de pantalon s’en souviendront);
  • Prévoir entre 3 000$ et 4 500$ pour un chiot de race enregistré;
  • Adapter ton horaire à sa capacité de rester seul;
  • Budgéter des frais vétérinaires plus élevés la première année: vaccins, antiparasitaires et stérilisation.

Choisir la race de chien adaptée à ton mode de vie

Peut-être as-tu eu un coup de cœur pour une race en particulier. C’est bien normal, mais les critères esthétiques et les modes font rarement de bons conseillers. Sache que les races sont regroupées selon leurs aptitudes (chien de chasse, de travail, de compagnie) et que chaque groupe a des besoins et des tendances comportementales qui lui sont propres. Voici les critères à considérer avant de choisir.

Ton niveau d'activité et les besoins de la race

Randonnée, jogging, canicross: si tu es du type sportif, des races actives comme le Berger Allemand, le Labrador Retriever ou le Berger Australien pourront te suivre partout. Si tu préfères les soirées cinéma, des races plus posées comme le Bichon Frisé, le Cavalier King Charles ou le Shih Tzu conviendront mieux. Attention: des promenades quotidiennes restent nécessaires pour avoir un chien bien dans sa tête, peu importe la race.

Ton espace de vie

Petit appartement ou maison avec cour, la taille de ton chez-toi compte, mais moins qu’on le pense. Un chien de grande race peut être parfaitement heureux dans un 3 1/2, tant que ses besoins sont comblés. À l’inverse, une grande cour ne remplace jamais la balade quotidienne: les proprios de jardins ont d’ailleurs tendance à moins promener leur chien, un cercle vicieux à éviter.

Le toilettage et l'entretien

Certaines races perdent des quantités impressionnantes de poils durant les mues, comme le Husky de Sibérie. D’autres demandent un brossage long et quotidien, ou des visites régulières chez le toiletteur en raison d’un poil qui pousse en continu, comme le Caniche. Ton aspirateur et ton budget ont leur mot à dire.

Le tempérament et les séquences comportementales

Les chiens de berger ont été sélectionnés pour rassembler les troupeaux. À défaut de moutons, ils pourraient rassembler les enfants qui courent en leur mordillant les mollets, ou poursuivre vélos et voitures. Si tu habites en ville ou que ton entourage déborde de marmots, ce n’est peut-être pas le meilleur choix pour toi.

La morphologie et la santé de la race

Chaque race vient avec ses prédispositions. Les races brachycéphales (nez écrasé) comme le Bouledogue, le Carlin et le Shih Tzu sont plus sujettes aux problèmes respiratoires: le canicross et la randonnée en montagne, très peu pour elles. Les grandes races comme le Grand Danois et le Mastiff sont plus à risque de problèmes articulaires. Renseigne-toi sur les enjeux de santé courants de la race qui t’intéresse et assure-toi que l’éleveur teste ses reproducteurs pour les maladies liées à la race.

Bien entendu, chaque chien a un tempérament qui lui est propre et qui pourrait ne pas être représentatif de sa race. Les critères ci-dessus sont des tendances, pas des boules de cristal.

Choisir un éleveur de chiens éthique

Qui dit chiot, dit éleveur. Beaucoup se proclament éleveurs; peu ont vraiment les connaissances, les compétences et le professionnalisme pour mériter ce titre. Qu’il soit reconnu ou non par le Club Canin Canadien, un éleveur éthique se conforme à des critères essentiels:

  • Offrir un environnement riche en stimulations pour le développement cognitif des chiots;
  • Appliquer des protocoles d’hygiène rigoureux dans les locaux et durant les visites;
  • Respecter la capacité de procréation de la femelle (environ une portée aux 2 ans);
  • Accoupler des géniteurs en santé, exempts de maladies génétiques et de bon tempérament;
  • Encadrer les visites d’adoption pour minimiser le stress des animaux;
  • Ne jamais laisser partir un chiot avant sa 7e semaine de vie.

Idéalement, le chiot aura aussi été socialisé à différentes espèces, habitué à la cage et à la voiture, introduit à la propreté extérieure et désensibilisé aux manipulations.

Un éleveur éthique t’appuiera dans le choix du chiot selon tes besoins: lequel apprécie les enfants, lequel serait un bon candidat pour les sports canins, etc. Il offre une garantie sur les maladies infectieuses et les problèmes génétiques, comme la dysplasie de la hanche. Et si jamais tu ne pouvais plus t’en occuper, il reprendra le chien pour le replacer dans une bonne famille. Sans ces services, tu as probablement affaire à un éleveur de fond de cour: des gens parfois bien intentionnés, mais qui ne peuvent offrir la qualité ni les garanties que ton argent devrait te procurer.

Reconnaître une usine à chiots

Le Québec détient le triste titre de champion des usines à chiots. Ces élevages produisent des portées à la chaîne, sans égard au bien-être, à la santé ni à la génétique des animaux. Les signaux d’alarme:

  • Des chiots disponibles en tout temps, souvent de plusieurs races;
  • L’impossibilité de voir les parents ou de choisir ton chiot;
  • Aucun papier d’enregistrement d’un club canin reconnu;
  • Un carnet de vaccination douteux, voire falsifié;
  • Des chiots vendus en animalerie ou sur les petites annonces;
  • Des singularités physiques non reconnues vendues comme rares et exceptionnelles, à prix exorbitants;
  • Une remise du chiot à l’extérieur du lieu d’élevage;
  • Un vendeur qui ne répond plus à tes appels après la vente.

Les chiots issus de ces milieux ont connu un mauvais départ et risquent de présenter des troubles de santé et de comportement. Évite d’encourager ces pratiques avec ton argent, et évite du même coup bien des soucis avec ton futur compagnon.

Adopter un chien mâle ou femelle: mythe et réalité

On entend souvent que les mâles sont plus indépendants et manquent de focus à l’entraînement, alors que les femelles seraient plus douces et plus colleuses. En réalité, c’est un mythe: outre les différences physiques, le sexe de l’animal ne détermine pas son tempérament. Côté physique, le mâle est normalement plus robuste que la femelle. S’il n’est pas stérilisé, il peut faire du marquage et fuguer quand l’appel de la procréation se fait sentir.

La femelle est normalement plus petite qu’un mâle de la même race. Non stérilisée, elle aura ses chaleurs deux fois par année, avec des pertes de sang pendant environ trois semaines chaque fois. Durant cette période, les hormones peuvent grandement influencer sa concentration et ses comportements.

6 questions à te poser avant d'adopter un chien

Quel est ton budget?

Un chien, c’est un engagement de 8 à 15 ans, et la facture varie selon la race, le poids adulte et les besoins en toilettage. Un petit Yorkshire mange beaucoup moins qu’un Berger Allemand, mais visite plus souvent le toiletteur. À prévoir:

  • Éducation: maternelle et cours d’obéissance de base;
  • Alimentation selon le poids et l’âge;
  • Frais vétérinaires: examens annuels, vaccins, antiparasitaires, micropuce et stérilisation (dont le coût varie selon le poids);
  • Toilettage et assurance animale (non obligatoire au Québec);
  • Jouets et objets masticatoires;
  • Pension, gardiennage ou service de promenade au besoin.

Et peu importe la race, aucun chien n’est à l’abri d’un accident ou d’un problème de santé qui peut coûter cher (et c’est parfois si vite arrivé).

Quel sera son environnement?

Ville ou campagne, appartement au centre-ville ou maison avec cour clôturée: ton milieu de vie influence le choix de la race et de la taille. Rappel important: une grande cour ne suffit pas à combler les besoins en dépense d’énergie ni en interactions sociales de ton chien.

Quel est ton mode de vie?

Canicross, frisbee, agilité ou soirées cinéma avec pitou sur les genoux? Ton niveau d’activité doit orienter le choix de la race, sinon ton rêve pourrait se transformer en cauchemar (pour vous deux).

Quelle est ta situation sociale?

Travailles-tu de longues heures à l’extérieur? Les chiens tolèrent mal la solitude. Voyages-tu beaucoup? Vis-tu avec de jeunes enfants ou un parent âgé? Un grand chien pourrait les bousculer, et les blessures en cas de morsure seraient plus dommageables.

Combien de temps peux-tu lui consacrer?

Exercice quotidien adapté à sa race et à son âge, activités masticatoires, entraînement, stimulation mentale, soins courants (yeux, oreilles, griffes, toilettage): un chien est un membre à part entière de la famille, avec l’agenda qui vient avec.

As-tu déjà un chien à la maison?

Si le nouveau venu n’est pas le seul poilu de la maisonnée, il faudra les présenter graduellement avec une introduction adéquate. Consulte notre article sur les premières rencontres du chiot et nos cours en ligne sur la cohabitation pour t’accompagner dans ce processus.

Le mot de la fin

Refuge ou éleveur éthique, chiot ou adulte, sportif ou pantouflard: le meilleur chien pour toi est celui qui s’harmonise avec ton budget, ton espace, ton horaire et ton style de vie. Prends le temps de te poser les bonnes questions maintenant, et tu mettras toutes les chances de ton côté pour des années de belle complicité.

Il te reste des questionnements sur une race ou un chien de refuge? N’hésite surtout pas à communiquer avec nous.

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